Structures opératoires sous-jacentes au langage et à la cognition
Conclusion générale
Le système formel dont nous avons fait état tout au long de notre réflexion n’est évidemment pas construit au terme de cet exposé. Il est certain que pour un logicien, un tel objet inachevé n’a qu’une valeur relative, il n’est qu’un moment, qu’un état transitoire dans la démarche constructrice dont l’aboutissement utile est évidemment un système complètement décrit qui soit la machine parfaite permettant alors la dérivation théorique de toutes les expressions valables qu’il est capable produire. Pour autant, nous n’avons cependant pas mené cette entreprise à son terme. Ce n’est pas qu’au regard de la quantité et de la variabilité quasi infinie des expressions du langage naturel effectivement produites depuis que l’homme existe, cette construction effective soit une gageure : les rapports que nous avons étudiés, du fini et de l’infini au sein du sujet qui conceptualise, permettent précisément de nous dissuader de la considérer ainsi, nous pouvons le concevoir maintenant. Mais toute notre démarche a essentiellement visé à étudier s’il est effectivement possible de construire un calcul du langage naturel qui dépasse les limitations rencontrées dans les entreprises de formalisation jusqu’ici réalisées. Dans ce parcours, il est alors devenu primordial de suivre au plus près les rapports entre, d’une part, les manifestations caractéristiques du sujet qui apparaissent dans son langage, et d’autre part ce système formel potentiel dont l’architecture et les traitements effectués sur les produits sont caractéristiques précisément du sujet parlant en ceci qu’ils permettent la représentation de son langage : c’est dire que ce système ne s’est livré que par fragments, et qu’il est loin d’être élaboré dans son entier. En effet, une telle démarche de construction ne s’effectue pas en déroulant logiquement une série complexe de déductions comme l’exigerait la présentation claire d’un problème résolu. Comme nous l’avons observé maintes fois, elle suppose de la part du sujet constructeur qu’il dispose d’un but qu’il considère - à juste titre ou non - comme constructible, et que par un travail adéquat, où sans cesse les liens entre connaissances se font et se défont, il constitue ou reconstitue les éléments cognitifs qui, à partir de prémisses effectivement avérées ou considérées comme telles, vont s’ordonner jusqu’à relier de manière cohérente ces prémisses et ce but. Pour nous, les données initiales ont consisté d’une part en la manifestation du sujet dans ses constructions linguistiques, d’autre part dans l’outillage formel élaboré par les logiciens et mathématiciens. Dans cette présentation de la résolution du problème à laquelle nous avons été contraint par la limitation dans l’espace et le temps propre à la thèse, le seul critère de validité de la démarche est alors sa cohérence. Un second critère, dont nous avons fait état dans notre introduction, interviendra ultérieurement pour valider - ou invalider - définitivement la construction, lorsque sera effectivement élaboré un sujet virtuel capable de délivrer des connaissances en produisant du langage de la même manière que nous le faisons. On peut donc considérer cet exposé comme une démarche préliminaire à cette mise en chantier, qui a visé à construire les bases d’une technologie linguistique dont les instruments doivent permettre de mettre en oeuvre une technologie informatique du sujet virtuel et de son langage.
Il est alors utile, afin de bien prendre la mesure de la cohérence effective de ce discours, de revenir sur quelques points essentiels de celui-ci. En premier lieu sur le choix de la structure mathématique de groupe pour représenter l’élaboration des concepts. La manipulation de ces objets abstraits par le sujet exigeait qu’ils fussent construits par celui-ci. En effet, l’argumentation développée par CHOMSKY et surtout FODOR lors du colloque de Royaumont, visant à soutenir l’innéité de ces objets et des structures langagières qu’ils permettent de produire, ne tient pas devant le simple fait que nous élaborons sans cesse de nouveaux concepts : il n’est qu’à considérer la vitalité de la créativité conceptuelle dans le domaine de l’informatique depuis une trentaine d’années pour s’en persuader. Il ne fallait pas pour autant ignorer les données de leur argumentation, dont il ressort qu’il faut bien que cette élaboration des concepts fût organisée, qu’ainsi une structure qui soit autre chose que du langage sous la forme qu’on lui connaît présidât à leur constitution, dont les schèmes de l’intelligence sensori-motrice avancés par PIAGET et les abstractions réfléchissantes qu’il en tire sont insuffisants à rendre compte. L’organisation des opérations du sujet par le groupe, structure opératoire qui exige simplement de l’opération ‘o’ qu’elle soit binaire, des éléments manipulés qu’ils appartiennent à un ensemble caractérisé alors par l’existence d’un invariant, et qui organise leurs relations, permet de réconcilier ces points de vue initialement divergents tout en conférant aux opérations effectives du sujet une structure organisationnelle compatible avec les caractéristiques connues du concept et du langage. Elle étend alors le champ représentatif qu’on accordait généralement limitativement au concept en tant que chose en soi aux structures sous-jacentes au langage et à la cognition. Concepts et langage, dont on disait que l’un manipule les autres, sont alors unifiés, le signifié acquérant ainsi sa structure propre dont les objets syntaxiques, simples comme les substantifs et adjectifs, ou complexes comme les propositions, deviennent naturellement les traces.
Cette organisation permet de concevoir l’existence de deux classes de concepts, homogènes et composites, qui vont introduire à la construction des expressions valides du langage. Ici intervient en second lieu une nouvelle structure mathématique, le treillis booléen. Cette intervention découle de la théorie mathématique des groupes, qui indique en effet que les sous-groupes relatifs à un groupe donné s’organisent suivant cette nouvelle structure. La théorie mathématique construit donc une assise stable à la hiérarchie aristotélicienne des concepts, comme l’appelait SOWA, dont on peut observer la réalisation en consultant récursivement dans un dictionnaire les définitions d’un mot recouvrant (totalement ou partiellement) un (ou plusieurs) concept(s), ces définitions indiquant les relations valides qui relient ceux-ci. Comme nous l’avons montré, ce treillis est alors une réalisation du treillis général de la logique des classes, lorsque le sujet considère les concepts du point de vue de l’ensemble invariant, c’est-à-dire sous leur forme normale. Lorsqu’il considère par contre un concept complexe construit autour d’une action (avec ou sans actant) sous sa forme développée, c’est-à-dire en tant qu’élément du concept de fait, il envisage alors celui-ci sous l’angle de la vérité, et le problème se pose alors pour le sujet de savoir si et dans quelles conditions il peut relier un fait à un autre fait, c’est-à-dire établir la vérité de l’autre à partir de celle de l’un. C’est alors la logique des propositions qui répond à cette problématique, autre treillis permettant de construire des concepts complexes valides, cette validité ayant pour corollaire le calcul des faits de la réalité. Cette organisation latticielle des expressions valides du langage naturel regroupe donc deux grands systèmes de la logique symbolique qui ont été élaborés indépendamment de l’étude du langage. Mais on voit bien que cette réintégration de la logique dans le langage ne pouvait se faire à partir des objets initialement considérés par les logiciens, le prédicat, la fonction propositionnelle, la proposition : c’est en effet parce que nous avons considéré l’organisation des actions du sujet sous l’angle du groupe qu’il a été possible de rendre ainsi compte de ses manipulations sur les concepts telles qu’elles se manifestent dans son langage et que, sur la base de la théorie mathématique, s’établit alors nécessairement l’intervention des deux logiques ; prédicat, fonction propositionnelle, proposition permettent certes de construire la logique des classes et celle des propositions, mais ces objets qui se rapportent au langage ne peuvent rendre compte de cette nécessité de leur intégration dans le langage du sujet.
Il ressort alors clairement de cet examen de la validité des expressions linguistiques que c’est bien le sujet, initialement par ses actions lui permettant de repérer des régularités, ensuite par des opérations précises sur des classes de concepts définies (homogènes, composites, en forme normale, en forme développée) qui dicte la structure du système formel capable de rendre compte de son langage. Celle-ci n’est pas achevée pour autant par l’élaboration de ces définitions de termes (groupes et opérations binaires sur les groupes) et d’ebf (termes et relations d’ordre) complétées par les axiomes de la logique des classes et ceux de la logique des propositions : l’intervention du sujet dans la structure du système formel se poursuit dans l’élaboration de celui-ci. D’abord dans l’architecture du système dans laquelle la vérité des propositions nécessaire à l’établissement d’une déduction peut être établie soit dans un système semblable mais distinct que construit alors le sujet, soit par l’affectation simple de la vérité à ces propositions par référence à l’ensemble de percepts du sujet correspondant aux concepts en jeu dans son énonciation. Grâce à ce dernier mécanisme issu du caractère abstrait des groupes élaborés par le sujet, les qualités d’effectivité et de décidabilité sont préservées, le système gardant ainsi toute son efficacité (formelle). Le sujet intervient encore en réalisant l’aspectualisation ou la modalisation de propositions appartenant à un ordre, qui sont caractéristiques de la représentation qu’il se fait de celles-ci. Ce faisant, il explicite la lecture qu’il fait d’un ordre construit (condition, conséquence) qui peut être décalé par rapport à celle-ci (concession), il entreprend la construction d’un ordre virtuel (but, moyen), ou encore il assujettit une proposition à un certain nombre d’ordres non énoncés, plus ou moins importants, qui constituent alors une situation de référence virtuelle parce que sous-entendue et qui peut être relativement déterminée, en quoi il modalise cette proposition (possibilité dans ses diverses déclinaisons, nécessité, interdiction, obligation, etc.).
A ce niveau d’organisation, l’intervention du sujet dans le système formel se fait plus précise et aborde en quelque sorte un nouveau palier. En associant à un fait une situation de référence choisie dans un jeu préprogrammé composé de contextes qui lui sont habituels, - par exemple, dans la nécessité logique, il est impossible de construire un autre système que l’actuel, alors que la possibilité (dans l’une de ses versions) l’offre précisément, dans l’interdiction intervient une instance obligatrice visant à empêcher une action au moyen de la contrainte, la menace, la coercition, l’autorisation nous dégageant au contraire de cette obligation, etc. - le sujet manipule des blocs d’ordres où des concepts définis sont plus ou moins déterminés, blocs qui sont toujours identiques - à leur détermination près - et correspondent alors à la modalisation souhaitée. Par cette opération, le sujet intervient au niveau d’un ensemble de sous-systèmes, et l’on est alors fondé à se demander si cette manipulation d’objets formels complexes, qui vise en fait à connaître d’une manière réflexive, ou à faire connaître à un interlocuteur un contexte qui est en somme une connaissance propre au sujet mais que, dans le cas spécifique de la modalisation, l’interlocuteur partage, si cette manipulation donc n’est pas une instanciation adéquate d’un objet cognitif plus général qui interviendrait dans l’organisation et la transmission de toute connaissance. C’est ce que nous avons observé, en étudiant à partir d’un objet à la fois particulier et quelconque, l’« étoile », la structure de l’objet générique ou cognitif utilisée par le sujet, ainsi que la transition qu’il réalise entre objets appartenant à ce type. Nous avons pu alors relier cet objet générique constamment manipulé dans le discours du sujet, qui lui sert notamment à représenter les objets réels qui s’organisent alors en un nouveau treillis, la hiérarchie de structures pour reprendre une expression de Jean ULLMO, au concept en général et en particulier à celui d’action : c’est au sein du signe que cette liaison peut être établie, où se correspondent biunivoquement l’avers objectal et l’envers conceptuel qui le représente.
S’ouvre alors devant nous la perspective de pouvoir calculer le langage d’un sujet. La manipulation des concepts en tant que tels n’était pas calculable en dehors d’un domaine limité qu’il fallait soigneusement circonscrire afin d’empêcher la continuelle mouvance de l’information au sein des concepts, laquelle entraînait en effet une explosion combinatoire qu’on ne parvenait pas à maîtriser. La construction d’une ontologie préliminaire au dessin des graphes conceptuels de SOWA a certes pour but de définir des relations interconceptuelles, mais également, pour que le système fût fonctionnel, d’encadrer la mutabilité conceptuelle dans une structure limitative. Or, nous l’avons vu, il n’y a pas, en dehors de zones bien précises liées à la spécialisation d’un langage, de limitation structurelle à l’élaboration du treillis des concepts, mais simplement une stabilité relative, statistique pourrait-on dire, parce que caractéristique d’un groupe humain donné, que nombre d’auteurs littéraires s’ingénient du reste à bouleverser. Par contre, la manipulation des concepts en tant qu’objets ne présente pas cette difficulté de calcul. Si l’on continue de s’appuyer, comme on le fait en consultant un dictionnaire, sur une ontologie primitive, on peut le cas échéant s’en dégager, puisque, dans la forme objectale du concept, on manipule non pas des ensembles de caractéristiques indéfinis tels qu’ils apparaissent dans les relations latticielles, mais ces caractéristiques elles‑mêmes - du moins une partie de ces caractéristiques, au niveau de l’objet relatif que l’on considère[1] - étant donné qu’elles résultent d’une abstraction de l’objet ne gardant que les (certaines) propositions maximales des ordres qui construisent cette forme objectale : il suffit donc, pour rendre le calcul possible, de pouvoir effectuer un calcul sur l’abstraction. D’une part il faut pouvoir restituer les caractéristiques qui ont été abstraites d’un concept (et cette opération peut être virtuelle, lorsqu’une situation nouvelle attribue une caractère nouveau au concept considéré) dans sa forme objectale présente ; d’autre part il faut pouvoir sélectionner dans cette forme objectale présente les caractéristiques qui nous intéressent. Ce calcul sur l’abstraction réglemente alors les transitions entre objets. La première partie de ce calcul consiste à développer les concepts d’action d’un ordre en objets, afin d’en faire apparaître les nouvelles propositions maximales. Ce développement a pour but de réaliser une unification entre proposition maximale d’un ordre et proposition initiale d’un autre ordre, laquelle permet de relier logiquement des ordres primitivement épars. A cette partie du calcul correspond alors l’explication, c’est-à-dire la construction d’une relation logique entre deux objets. La seconde partie du calcul, qui est en propre celui de l’abstraction, consiste à réduire les concepts d’un ordre en de nouveaux concepts dont les caractéristiques sont incluses dans ceux de l’ordre caractéristique de la situation initiale, privilégiant ainsi ces caractéristiques par élimination des autres. Ce calcul peut alors requérir un développement temporaire destiné à réaliser une unification avec un élément du stock préexistant des concepts d’action. Dans ces phases opératoires, on dispose bien entendu d’une part du treillis des concepts en forme normale et d’autre part de celui des objets réels pour ajuster l’unification des concepts accessoires à l’action proprement dite, appartenant aux classes d’actant et d’objets sémantiques, voire même des actions elles-mêmes en jeu.
La technologie informatique qui peut être construite à partir de cette nouvelle instrumentation linguistique pourrait faire l’objet d’une autre thèse. Son exposé serait alors construit de la même manière que celle-ci. A l’objectif de réalisation de l’instrumentation linguistique correspondrait celui de la production linguistique dans un dialogue faisant intervenir des connaissances, aux prémisses correspondrait le jeu d’instruments linguistiques disponible, le corps de l’exposé consistant en la réalisation des algorithmes nécessaires à cette production, et la cohérence de l’ensemble étant alors déterminée par son succès. Nous ne présenterons donc ici qu’un certain nombre de lignes directrices visant à élaborer cette technologie, lignes que la nouvelle instrumentation induit. A cet effet, nous pouvons donc imaginer construire un processeur linguistique, puisque l’architecture d’un objet de cette classe se prête bien à l’ensemble du traitement que nous entendons effectuer. Que souhaitons-nous en effet réaliser dans une première étape ? Non pas, bien entendu, un système qui permît de scanner un texte en langage naturel et de le traduire en objets cognitifs utilisables ultérieurement : un tel propos, qui assimilerait alors le sujet virtuel quasiment à un sujet humain puisqu’il serait capable d’intégrer des connaissances complexes directement à partir du langage naturel est bien théoriquement envisageable, mais il suppose une élaboration du sujet virtuel et du fonctionnement de ses connaissances déjà très avancée. Par contre l’implantation dans la machine d’un ensemble de connaissances définies sous forme d’objets cognitifs d’une part, et la réalisation d’un module de dialogue en langage naturel ayant pour but de délivrer ces connaissances d’autre part semblent constituer un objectif raisonnable, notre intention consistant initialement à tester les structures que nous allons conférer au sujet virtuel de telle sorte qu’il s’acquitte d’une manière réaliste et efficace de cette tâche.
Le diagramme d’un tel processeur[2] met en évidence la nécessité de concevoir une architecture construite autour d’un certain nombre de registres dans lesquels vont transiter les produits qu’un nombre correspondant d’unités de traitement vont manipuler. Initialement, un registre d’entrée des produits linguistiques (REPL) va recevoir la question énoncée en langage naturel par l’interlocuteur. Une première unité, l’unité d’analyse des produits linguistiques (UAPL) aura alors pour fonction de transformer la séquence énonciative en un ensemble d’ordres partiels, lesquels constitueront donc un objet ou un ensemble d’objets cognitifs incomplets que le traitement ultérieur consistera précisément à compléter en fonction des connaissances détenues, de telle sorte que le ou les objets soient alors fermés : la complétude doit s’y accompagner d’une absence de contradiction. Ces objets incomplets seront donc envoyés par UAPL dans un second registre, le registre d’entrée des ordres partiels d’opérations (REOP), dont l’unité de traitement suivante, l’unité de traitement des ordres partiels d’opérations précisément se saisira du contenu. Celle-ci enverra alors les produits de son traitement propre dans un troisième registre, le registre de sortie des ordres partiels d’opérations (RSOP), qui seront pris en compte par l’unité de linguicisation des ordres partiels d’opérations (ULOP), dont la fonction sera de transformer ces objets cognitifs en séquence de langage constituant la réponse du sujet virtuel, laquelle unité déposera le produit fini linguistique fabriqué par le processeur dans le registre terminal, le registre de sortie des produits linguistiques (RSPL).
Afin de mener à bien un tel ensemble d’opérations, le processeur doit intégrer un certain nombre d’organes que, dans l’optique de construire un sujet virtuel, on doit calquer sur l’organisation humaine. En premier lieu, il convient de le doter d’une mémoire dont la fonction sera évidemment de stocker les objets constituant les connaissances générales qui devront être délivrées, mais également tenir le journal des informations échangées avec l’interlocuteur jusqu’à la fin du dialogue. Le format de stockage devra être déterminé en fonction des opérations qu’on sera amené à effectuer sur ce journal, puisque celui-ci représente les étapes dialogiques de la construction de la connaissance transmise à l’interlocuteur. Il y faudra notamment gérer les anaphores, les retours en arrière, les incompréhensions éventuelles ainsi que les demandes de précisions de l’interlocuteur, étant donné que l’on ne sait jamais comment celui-ci assimile la connaissance que l’on tente de lui transmettre, sauf à analyser sémantiquement ce jeu de questions-réponses. On a également prévu des systèmes perceptifs, visuel et auditif, et un système énergétique. Bien évidemment, on n’entend pas ici rendre le sujet virtuel capable d’analyse perceptuelle ni davantage établir une liaison entre une éventuelle représentation de cette nature et les représentations conceptuelles qu’on lui aura implantées. Mais il faudra bien d’une manière ou d’une autre que ce sujet puisse avoir une représentation cognitive de la perception puisqu’il va manipuler des concepts qui y font référence et qu’il sera susceptible de devoir développer : c’est à cette fin, temporaire nous l’espérons, que seront construits ces embryons de systèmes perceptifs. Un raisonnement semblable s’applique à l’univers pulsionnel ou énergétique, qui aura donc lui aussi son système propre. Nous terminerons ce rapide tour d’horizon en précisant que, dans la première étape du traitement, qui affecte la séquence de langage placée dans REPL, il s’agira d’y transformer le langage écrit en opérations et de les organiser en ordres. Cette transformation sera réalisée à partir d’une analyse prenant en compte des données morphologiques, syntaxiques, et sémantiques.
[1]On se rappelle que l’objet représentant un concept est un objet virtuel. En effet, ce qu’on manipule réellement est toujours un objet partiel, incluant une partie et une partie seulement des caractéristiques du concept. L’objet qui représenterait complètement un concept serait construit à partir de l’infinité des situations dans lesquels le concept intervient ou est susceptible d’intervenir : c’est cette infinité que le sujet ne peut atteindre qui lui confère alors sa virtualité. Il n’en reste pas moins que statistiquement, dans un groupe humain donné, un grand nombre de situations font intervenir les mêmes caractéristiques d’un concept, ce qui confère à l’objet partiel les regroupant la possibilité d’être utilisé tel quel par le sujet, sans qu’il lui soit besoin de se référer à (ou de définir) une situation particulière pour construire une relation hypéronymique susceptible de lui conférer une caractéristique ou un ensemble de caractéristiques données.
[2]voir annexe 5.