La compréhension est notre manière d'appréhender le monde. Il faut y regarder de plus près car la machine, elle aussi, commence à comprendre. Et notamment notre langage. Elle semble cependant le faire d'une tout autre manière que nous. D'un point de vue technique, l'intelligence artificielle n'est que la reproduction, à l'aide d'outils mathématiques, d'une partie du fonctionnement de nos neurones, qui mettent en œuvre cette compréhension. Or l'utilisation d'un langage intelligible élaboré, qui la couvre, était jusqu'à présent notre prérogative. Quelles sont les limites d'une telle représentation ? Ce nouveau langage et le nôtre sont-ils exactement superposables ? Il est souhaitable de rendre à l'IA ce qui est à l'IA, et à l'homme ce qui est à l'homme. On peut le faire à partir de trois observations.
- L'homme est un sujet, l'IA un objet
- L'homme conçoit des connaissances nouvelles, l'IA les exploite
- L'IA manie le deep learning, l'homme le commentaire profond
C'est ce dernier talent, notre apanage, que nous célébrons dans les lectures, regards et éclairages de ce site. Célébration qui n'empêche nullement un coup d'œil curieux, incisif, sur la possibilité, un jour peut-être, de formaliser le sujet. Structures y introduit, IA l'expose, Coyote-time invite à nous y amuser. Origine et Traces, enfin, nous réintègrent dans notre humanité.
été 2026
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Cela peut être toi ou moi ou alors quelqu'un d'autre
Ce qui met en émoi ne sont pourtant que quelques mots
Échangés entre toi et moi loin de tous les apôtres
L'amour se fait sans foi ni loi et se consume tantôt
La chair se consomme parfois brûlant le chant des autres
Car entre toi et moi si pauvres il n'y a que les mots
Et gronde un inouï fracas qui nous tourne le dos
Des pages blanches de la vie qui reçoivent des autres
Les maux d'un infini trépas qui nous délivre des nôtres
D'un monde noirci par l'encre pleine de leurs stylos
Qui tue l'infime souci de la lumière vaine du tableau
Où l'image en catimini se traîne à l'ombre des mots
Enchaînée par l'ultime oubli où l'inconscient se vautre.
Henriette,
, fr.lettres.écriture, 28/03/2000
J’aime les mots comme on aime une eau fraîche, pure, pétillante, qui apaise d’un seul trait les gorges altérées. Froids, limpides, profonds comme des lacs d’altitude, transparents, rapides, légers comme l’air des cimes, les mots sont le miroir de l’esprit. Ils sont capables de nous transporter en toute intégrité vers des régions extrêmes, là où les psychotropes nous endorment, là où les névroses nous enivrent, là où les psychoses nous transgressent, là où le délire nous abolit. Ils nous mènent vers le Beau, l’Idéal, ces deux cryogéniques bijoux de la face sublimée du Miroir. Mais au-delà des formes du monde visible, palpable, savoureux, difficile, par un juste retour des choses, la scintillante mécanique verbale incruste, en filigrane, la silhouette énigmatique, inévitable, indélébile, inextricable, paroxystique, inexorable, et ironique d'un infréquentable bâtard que l’on appelle MOI. Et dans sa transparence, derrière les barres abstraites de ses lattices, s'ouvre un espace indistinct, aux contours imprécis, implacable profondeur nocturne qui nous absorbe et nous réfute, erreur infinie, négation absolue, d'où remontent sans bruit, comme d'une chambre à bulles, ces mots qui nous meuvent, et qu'on crie.
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